Duché du Bourbonnais-Auvergne

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 Edern

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cham
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MessageSujet: Edern   Mer 13 Mai 2009 - 21:34

Accusé Edern reconnu coupable de Trouble à l'ordre public le13 mai 1457

Mise en accusation , ouverture du procès Ig et Rp

Citation :
En ce 27ème jour d’avril de l'an de grâce milCCCCLVII, Edern comparaît devant le Juge Fabien74, présidant la Cour du Bourbonnais-Auvergne, et , est mis en accusation par le Procureur Agwalenn, requérant pour le Duché.

*Les gardes font pénétrer l'accusé dans la salle d'audience.*
Edern vous êtes accusé de Trouble à l’ordre public.
Je rappelle ici à la Cour les lois qui ont été enfreintes :


Livre III : du code pénal

Titre B : Des délits et crimes

Article 3 : du trouble à l'ordre public
Toute atteinte à l'intégrité physique ou morale des personnes commise sur le territoire du Bourbonnais-Auvergne, ainsi que tout agissement ayant pour conséquence de nuire au bon fonctionnement de la communauté, pourront être considérés comme trouble à l'ordre public (brigandage, faux, machination, comportement malséant).
Le trouble à l'ordre public est puni par des peines allant de la simple amende à la peine de mort.

En effet le 17 Avril 1457, le Sieur Jymmicasas a été racketté par Edern.

L'enquête de nos Maréchaux d'investigation a pu nous apporter les preuves suivantes:

* Le Procureur tend le dossier à l'huissier qui s'empresse de le porter au Juge et à la Défense : *

Preuve 1 : http://img168.imageshack.us/img168/8011/attaquejimmycasasmontpe.png

*En ayant terminé avec l'acte d'accusation, le Procureur s'adresse plus particulièrement à l'accusé afin de l'informer de ses droits*

Vous avez le droit de vous faire représenter, à titre gracieux, par un avocat du Duché, dont voici l'adresse :

*tend un parchemin à l'accusé*

(forum officiel, les institutions Auvergnates, salons d'accueil du barreau des avocats)


et voici un document vous expliquant le Corpus Juris Civilis (code en vigueur sur le territoire du comté du Bourbonnais Auvergne) et ses procédures:

*Tend un second parchemin à l'accusé *

http://bourbon-auvergne.forumactif.com/affichage-des-lois-f9/

Avec votre permission, Messire le Juge, nous pouvons entendre maintenant ce qu'a à dire l'accusé


1er Plaidoier de la défense :

Citation :
*Le Fou se lève et se jette à l?assaut de l?impossible*

Aux juge, procureur, greffiers, maréchaux, soldats, Bourbonnais, Auvergnats, sujets de Sa Majesté le Roy et tous ceux qui me gratifient de leur présence en cette salle, le bonjour.

Avant d?aborder le sujet de ma défense, je tiens à rectifier un point de la procédure qui me paraît incorrect. Oh, rassurez-vous, je n?ai pas l?intention de traduire le duché du Bourbonnais-Auvergne en justice pour cela, du moins pas maintenant ; non, cela ne tient qu?à un tout petit changement, mineur pour vous, majeur pour mon orgueil.
En effet, il se trouve que le nom par lequel je me présente à tous, du plus petit serf au plus grand seigneur, est le Fou. Les raisons en sont si nombreuses que je ne les ai expliciterai pas ici sauf à votre expresse demande ; toujours est-il que vos textes et discours ne traitent que d?un "Edern". Ce nom, s?il fut bien celui que je reçus à la naissance, n?en est pas moins tenu à l?écart par mes soins dans chacune des conversations que je puis être amené à avoir. Par conséquent, je vous demande désormais de me nommer par le nom que je me suis donné et que je donne, et accessoirement de me préciser par quel biais vous avez pu obtenir celui qui est seulement connu de quelques-uns qui sont fort loin à présent. Ne voulant pas vous faire l?affront d?une accusation de sorcellerie, je souhaiterais simplement que vous ameniez ici un témoin ? un seul ? qui puisse jurer en toute bonne foi m?avoir déjà entendu me présenter d?une autre manière que par "le Fou".

Bien. Cette question réglée, je vous informe de mon refus de m?adjuger un avocat comme compagnon de rhétorique. Je me suffis à moi-même et j?espère que je vous suffirai également.

*Il rend les deux parchemins au procureur sans même y avoir posé les yeux*

Quant aux lois de cette terre, je crois les connaître. Elles sont relativement claires mais je vous laisse la gestion de ces feuillets au cas où vous auriez vous-même un doute sur la validité et l?application de notre codex.

Procureur, puisque je vous tiens, vous employez de plus à mon égard un terme très peu élogieux que je ne saurais accepter tel quel. Outre que "vil scélérat" soit un pléonasme des plus basiques, cette expression reflète à mon sens l?état d?esprit dans lequel vous vous trouvez actuellement : une volonté de faire vite et de m?assimiler à tous les autres cas de trouble à l?ordre public que vous avez eu à traiter. Cette attitude est doublement condamnable car en voulant me discréditer de la sorte vous discréditez de surcroît la justice ducale que vous vous plaisez à imaginer vôtre. Je ne m?aventurerai cependant pas sur cette pente glissante de l?échange d?insultes entre un accusé pas encore coupable et un notable à la recherche de la condamnation la plus lourde, notez-le bien, car il n?y a pas plus respectueux de la justice que moi en ce monde.

*Le Fou se détourne du procureur et fait alternativement face au juge et aux spectateurs*

Venons-en à ce qui demeure le plus important à vos yeux : ce qui s?est réellement passé ce dix-sept avril mille quatre cents cinquante-sept.

Jimmycasas. Derrière ce nom se cache un de mes clients. Client, vous interrogez-vous ? De quel type de contrat parle donc cet énergumène qui ose se défendre lui-même ? Que votre esprit se rassure, la simplicité extrême de l?affaire sauterait aux yeux d?en enfant de cinq ans.

Écrivailleur, rimailleur et musicien, trouvère ou troubadour selon que vous soyez d?oïl ou d?oc : tel est l?humble et multiple métier qui est le mien. En échange d?écus sonnants et trébuchants, j?assemble les mots en vue de l?usage qu'on juge bon de me communiquer.

Ce jour de frais printemps, donc, j?affirme que je composais en toute tranquillité une oeuvre pour ce triste sire que vous nommez "victime". Énamouré à un degré tel que la raison s?incline devant la passion, il vint me demander conseil alors que nous marchions de concert sur la route de cette belle ville de Moulins. C?est tout naturellement que je lui proposai un poème destiné à sa dulcinée. L?homme n?était pas pauvre et il accepta, pourvu que ce soit de qualité. Le texte en question fut effectivement de qualité, puisque de ma main, et fut dûment payé en écus et en nature, votre serviteur ne rechignant pas à recevoir toutes formes de salaire à l?occasion. Nous nous quittâmes avec le sentiment partagé d?avoir réalisé une bonne affaire.

Ce qu?il advint par la suite, je l?ignore. Mon expérience professionnelle m?incite néanmoins à penser ainsi : malgré mon talent couché par écrit, il ne réussit pas à conquérir sa belle. Concurrence d?un autre homme, indifférence de la femme vis-à-vis de cadeaux divers et ruineux, qu?en sais-je donc ; personne n?est à l?abri d?une déconvenue amoureuse ; si le désespoir et la colère l?étreignirent, je le lui pardonne.

Il m?est en revanche plus ardu de lui pardonner ce pour quoi je suis parmi vous en ce lieu. Moi, un brigand des grands chemins ? Si j?ai pu entendre une foule d?inepties au cours de mes pérégrinations, celle-ci reste la plus ridicule. Mes compositions sont exactement ce que veulent mes clients mais ne sauraient faire office de philtre d?amour : je crains bien que ce pauvre Jimmycasas ne l?ait appris à ses dépends et à ceux de sa touchante naïveté. Reporter sur un honnête poète son propre échec en l?accusant de vol, voilà qui lui ôte toute responsabilité et peut-être lui remplira la bourse dans le cas où vous ne croiriez pas à mon innocence...

Peut-être feriez-vous bien de le laisser s'exprimer dans cette enceinte, si ce n'est pas trop vous forcer la main.

*Pause de quelques secondes*

Je souhaiterais par ailleurs que soit appelé un autre témoin à la barre, puisque ce procès "équitable" me le permet. Son nom est Alethea ; la trouver ne devrait pas vous être très difficile.

*Légère inclination de la tête en direction du juge*

Ce sera tout. Pour l?instant.

Témoinages
Citation :
Expéditeur : Jimmycasas
Date d'envoi : 2009-04-29 22:18:52
Messire Agwalenn de Lusignan,

voici ma déposition, comme convenu...

"
Messires,

Je m�appelle Jimmycasas d�Aragon, éleveur de porcs à Sancerre.. . J �étais en voyage vers le sud pour raisons personnelles� Sur la route de Moulins à Montpensier, dans la nuit du 16 au 17 avril, deux malandrins de petits chemins m�ont agressé� Nous devions être entrés dans la quatrième heure�
J�ai croisé cet individu, Edern, au détour d�un chemin� Il m�a toisé et lorsque je suis passé à ses côtés , il m�a traîtreusement assommé d�un coup de gourdin sur la tempe�
Je me suis tombé et est perdu connaissance le temps d�un instant�

L�esprit hagard, je me redressait sans vraiment comprendre ce qui se passait, et un second malandrin, un certain Shuffle, qui a été appréhendé récemment et pour lequel j�ai déjà déposé en Auvergne, m�a achevé en me taillandant le bras droit d�un coup de lame�
La douleur m�a fait défaillir à nouveau�.

A mon réveil, j�avais perdu beaucoup de sang, la plaie était bien importante� j�ai été soigné et suturé à Montpensier �
le Maréchal Hermanicus et Magokrav, maire de Montpensier, m�ont beaucoup aidé et ont permis de vite retrouver ce Shuffle�
Ces marauds m�ont pris tout ce que j�avais, 6 ou 7 carcasses de viandes que j�avais amenées de Sancerre, de la nourriture , mes écus, je ne sais plus combien, une trentaine je pense, ma barque�
Ils m�ont laissé pour mort� et ce bras qui me lance sans arrêt pour rappeler mon infortune�
J�espère que ses misérables hères auront ce qu�ils méritent�

"
Faites votre possible pour que ces misérables ne s'en prennent plus à des braves voyageurs... Merci..

Cordiales salutations...

Jimmycasas

Réquisitoire :
Citation :
Votre honneur, mesdames messieurs,
Nous assistons ce jour à un bien triste spectacle, un bien mauvais acteur comparait devant nous, ne sachant plus qui il est, ne voilà t' il pas que ce triste individu , probablement souffrant de problème d'humeur, nous demande de l'appeler le Fou, peut être pour se soustraire à la justice de ce Duché sous un autre nom mais il n'en sera rien.

Vous messire Edern, vous le soit disant roi de la rime et de la plume, vous venez de donner devant ce tribunal une bien mauvaise image des poètes.
Vous vouliez vous faire plaindre, vous faire passer d'accusé à victime, néanmoins, je ne vois dans votre plaidoirie que très peut de chose, il en va de même de la part de votre témoin qui n'a rien apporté de plus à ce tribunal, erreur de votre part ou envie de prendre le Juge et la procure pour des imbéciles, je choisirait la seconde.
Votre manque de respect de nos institutions , du lieu ou vous vous tenez ainsi que de notre honorable Juge, ne plaide pas en votre faveur.
Mais revenons à notre affaire, une affaire de brigandage, je ne vois là que la banale histoire d'un mendiant , obligeait de racketter un pauvre Sire sur les routes de notre Duché pour subvenir à ses besoins.
Si l'affaire en était encore restez à ce point, nous eûmes pu comprendre, ce ne serez rien de bien grave ,mais, l'accusé à voulu ridiculiser ce tribunal.

Alors Plume ou épée, je peux vous dire messire que ce soir vous avez joué la dernière , vous n'avez plus de public et vous allez être condamné comme un vulgaire bandit de grand chemin, finit la fanfreluche, adieu prestige du poète, maitre es mots.

Pourquoi alors , vous, adepte de la rime vous êtes vous abaissé à ces plus vils sévices sur la victime, lui obligeant ainsi à garder la chambre, Pourquoi tant de haine envers lui, votre prose, vaut elle si peux que vous soyez obligé de vous battre pour survivre ?.
Et bien oui, il en est là, Brigander pour espérer gagner quelques écus, il est en effet plus facile de brigander que de gagner honnêtement sa vie en fournissant un travail de qualité.

Votre honneur, à l'encontre de ce poète de pacotille, de cet amuseur public qui n'amuse que lui, je ne dirait pas bouffon, je n'ai que trop de respect pour eux, je demande une peine de 1 jour de prison , 20 écus d'amende et pour les manques de respect envers votre excellence et la procure, 10 coups de fouet sur la place public de Clermont.

merci votre honneur.

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cham
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MessageSujet: Re: Edern   Mer 13 Mai 2009 - 21:35

Deuxième plaidoirie de la défense :

Citation :
Avant de vous exposer ma deuxième – et dernière – plaidoirie, je tiens à préciser quelques éléments qui faciliteront votre déjà faible compréhension de l’affaire en vous donnant le détail des trois axes qui constitueront ma défense :

Le premier rappellera les faits et la manière dont ils furent honteusement détournés dans un but crapuleux par le plaignant.
Le second vous aidera à vous familiariser avec la personnalité de celui qui ose se défendre devant vous aujourd’hui.
Le troisième abordera certains aspects juridiques qu’il serait regrettable d’oublier.

Il se passe rapidement la langue sur les lèvres afin de les humecter. Un serpent et deux rats...

Tout d’abord, les faits. Ce tribunal a toujours voulu présenter la version de ce Jimmycasas comme véritable et incontestable. En quoi devrions-nous le croire ? Examinons donc plus attentivement ses propos. Ils sont l’incohérence même, et je vais vous le prouver en procédant à une reconstitution verbale des actions du dix-sept avril mille quatre cent cinquante-sept.

A la quatrième heure, le plaignant – probablement un horloger et non un porcher, pour le coup – marche sur son chemin. En plein milieu de la nuit. Il croise un homme qui l’agresse traîtreusement et l’assomme. Naturellement, le plaignant prend la peine de noter le nom de son agresseur, même si ce nom de naissance n’a jamais été donné par ce dernier depuis des années, même si la scène se déroule toujours en plein milieu de la nuit. Le brigand n’ayant pas pris la précaution de finir le travail, un second s’empresse de venir à son secours quelques minutes plus tard et n’achève pas plus le plaignant, se contentant d’une éraflure au bras droit. La désormais "victime" trouve tout de même la force de se traîner jusqu’à la ville la plus proche qui doit être assez éloignée, les hommes de crime n’ayant pas pour habitude d’agir à proximité de places trop sécurisés. Là, elle fait la connaissance d’un maréchal et du maire, retrouve en un clin d’oeil le second des malfaiteurs – toujours grâce à son nom, cela va de soi – et ne tarde pas à faire accuser le premier qui, faisant preuve de peu de ruse, s’est installé benoîtement à une dizaine de lieues de là.

Nous passerons sur le fait que la présente lettre du plaignant est d’un style bien trop pauvre pour être de la main d’un moine ; en revanche, il est un point à vérifier. Depuis quand existe-t-il un monastère – pardon, un couvent – à Montpensier ? Qui en sont les responsables ? Il m’apparaît plutôt que le plaignant n’est pas ou plus dans cette ville : serait-il retourné dans son Berry natal ? Cela serait bien sûr l’aveu de sa parfaite santé, de ses mensonges et de son absence en ce lieu. De même, il serait aisé à la maréchaussée du Bourbonnais-Auvergne de procéder à une investigation quant aux "raisons personnelles" qu’il invoque pour justifier son voyage sur ces terres. Je ne serais pas surpris d’y retrouver une certaine romance dont le lamentable échec a précipité ma venue en cette salle !

Bien. Exécution suivante.

Nous nous sommes jusqu’ici intéressés au plaignant et il apparaît maintenant clairement que je suis accusé par un menteur doublé d’un pleutre, qui préfère incriminer un innocent poète que de prendre ses propres responsabilités et ainsi d’assumer les surprises que lui réserve sa propre vie.

Intéressons-nous à présent à la vraie victime de ce procès : moi-même. Le Fou.
Qui est-il, derrière le blanc et le noir qui l’habillent ? Il aime à se prétendre rimailleur, écrivailleur, musicien. Il est un jour ici, un jour là, tantôt discret, tantôt exaspérant. Il récolte de quoi vivre en vendant son art, du moins ce qu’il considère comme tel. Car ce qu’il aime par-dessus tout, ce sont les mots. Ses mots et ceux des autres. On lui prête un certain talent à s’en servir –et à les servir, d’ailleurs – ainsi que vous aurez pu le noter de par le témoignage intéressant et court du Prévôt des maréchaux. Alethea est d’ailleurs très claire à ce sujet : mon unique arme est la plume et non l’épée, ni même un vulgaire "gourdin". Je vous mets au défi de faire témoigner quiconque m’ayant déjà aperçu avec un de ces ustensiles !
Ajoutons à cela un léger détail d’importance... comment aurais-je emporté, même avec la complicité de ce Shuffle, sept carcasses de viande et une barque sur mes frêles épaules ? Et qu’en aurais-je fait ? Un trouvère encombré, pensez bien que cela se remarque sur un marché...

Procureur, vous me demandez si ma prose vaut si peu que je sois obligé de me battre pour survivre. Si c’était le cas, puniriez-vous un homme qui n’a d’autre choix que de faire ce qu’il fait, qui agit sous la contrainte ? Si ce n’était pas le cas, pourquoi me battrais-je alors que l’honnêteté est plus rentable ? Vous n’aurez par bonheur pas à vous plonger dans ce paradoxe, étant donné que je ne me suis pas battu.

Âpreté ironique. Le meilleur pour la fin !

Enfin, il semblerait malheureusement que ce procès vous aie échappé. Il est vrai que vous n’occupez de tels postes que pendant votre studieux mandat politique, soit deux mois. Aussi je comprends que vous soyez d’une incompétence crasse et totalement dépourvus de subtilité : le temps vous manque pour être quelqu’un. Vous avez malgré tout la particularité propre aux juristes du dimanche de me donner plus d’opportunités que n’en rêveraient tous les accusés de ce siècle ! Entre la nullité de votre témoignage et les tentatives avortées de bâillonnement de la défense, la Cour d’Appel se fera une joie d’utiliser ces joyeusetés et autres vices de procédures pour casser votre jugement, s’il m’est défavorable cela va de soi.

Moi, je prendrais le juge pour un imbécile. Voyons donc. S’il s’approche vraisemblablement de cette définition, elle va cependant à ravir à un certain procureur qui ferait mieux de prendre des cours de droit que de réduire la justice de ce duché à un hochet ridicule qu’il agite en direction du premier innocent venu.
Manque de respect envers son excellence et la procure ? Mais depuis quand faut-il respecter ceux qui bafouent vos droits et nient votre existence même ? J’accepterai de recevoir ces dix coups de fouet sur la place publique, car je ne suis coupable que d’une chose : assumer pleinement mes paroles et les traduire en actes. Chaque blessure sera un éclat supplémentaire à mon auréole, chaque cri qui m’échappera le signe d’une vengeance à venir. En effet, si le tribunal des Hommes me condamne demain, vous comparaîtrez un jour devant le tribunal de ma volonté !

Néanmoins, il est évident que je réclame la relaxe pour l’accusation première et les peines qui lui sont associées.

Les yeux bruns se ferment quelques secondes et s’ouvrent à nouveau, de retour dans la folie tranquille. La rage s’est enfouie sous la surface de sa conscience, n’a pas disparu pour autant. Elle rejaillira bien assez vite, bien assez fort. Il sera loin...

A vous de juger, votre déshonneur.


Verdict du Juge :

Citation :
Tribunal de Clermont, bientôt la fin:

Voici venue l'heure du verdict.
Les paroles qui scelleront à jamais le destin immédiat d'un homme. Coupable, cela allait de soit, on ne condamne pas un innocent, sauf quand il est coupable. Cela semble logique.
Ce n'était pas le moment pour titiller le Juge, ça non, mais l'accusé mettait toute son effronterie à l'ouvrage, fallait-il être fou... Que penser de cette affaire? Quel jugement rendre?

L'heure était venue, en selle Juge.

Bien, continuons.

En ce treizième de mai 1457, moi, Fabien de la Fléchère-Marigny, vais rendre mon verdict devant vous, Sieurs et Dames de la Cour.

Sieur accusé, pourquoi faudrait-il remettre en doute la version de l'accusé? Se serait-il délesté lui même de ses carcasses et de sa barque dans le seul but de faire condamner un barde qu'il ne connaît ni d'Eve ni d'Adam? Où est la logique dans tout cela? De plus, j'ose éspérer que vous ne remettez point en doute nos méthodes, car les meilleurs médicastres de Clermont ont examiné le plaignant et ses blessures, pour enfin en déterminer l'extrême gravité. Voyons, se serait-il infligé de tels supplices rien que pour vous causer la souffrance d'une nuit en prison? Restez sérieux, s'il vous plaît, ou bien nous pourrions être amenés à vous considérer comme étant réellement fou.

Une inspiration, puis:

Au sujet de son retour en Berry... L'accusé n'a peut-être que trop connu la marche à pied pour imaginer qu'il n'existe que ce moyen de transport sur notre terre? La victime a effectué le voyage en charrette, éprouvant par là sa vie, pour retrouver les siens. Qu'imaginer d'autre que de retrouver les siens après une attaque comme celle-ci? Ne tirez pas votre plaidoirie de l'infortune des autres, vous vous rendriez bien méprisable.

Et la suite.

De plus, ne peut-on imaginer qu'une seule épée pour causer ces dégâts? Une corde de luth n'aurait-elle pas pu faire amplement usage de tranchant? C'est bien mal juger notre appréciation des faits que de prétendre le contraire, accusé. De même il me semble que vous ayez déposé un bâton et un bouclier avant d'entrer en ce Tribunal. Ne sont-ce pas là des armes de choix? Ne peut-on pas en user dee manière belliqueuse? Un coup de l'arête du bouclier et le tour est joué.

Et le meilleur pour la fin, puisque c'est l'usage.

Bien.

Voilà où nous en sommes à présent.

Si d'aventure nous aurions pu déceler la moindre once d'innocence en votre personne, celle-ci se trouve immergée sous le flots d'insultes à peine détournées et de paroles blasphèmatoires que vous n'avez pas eu honte à débiter. Tout ceci ne plaide pas en votre faveur, et nous donne d'ores et déjà milles occasion de durcir votre peine. Et vous apprendrez, à l'issue de ce jugement, que faire profil bas, et ravaler son fiel, peut éviter une condamnation dure. Et cela, vous n'en avez eu cure, en vous faisant un devoir de ridiculiser cette cour. Seriez-vous véritablement un fou que rien ne m'aurait moins étonné. Et convoquez la Cour d'appel si cela vous chante, vous vous rendrez compte assez vite que votre cause est peine perdue, que la Justice triomphe toujours de la perfidie et du mensonge.

En conséquence, je déclare l'accusé coupable de Trouble à l'ordre public, le condamne à payer une amende de 8 écus au Roy, et j'assortis sa pénitence d'une peine de prison de 2 jours. Il tiendra ainsi compagnie aux souris clermontoises, et pourra leur déclamer des vers contre un petit morceau de fromage.

BAM BAM

Deux coups de marteau sur le petit socle de bois, et:

Gardes, emmenez le coupable!


DOSSIER CLASSE LE 13 MAI 1457

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